Christian Allard & Dominic DionChristian Allard & Dominic DionUn nouveau chien pour Profil Canin

par Dominic Dion et Christian Allard

achille bull mastiffachille bull mastiffNous avons accueilli un chien qui cherchait un foyer! Voici Achille, un grand gaillard de 4 ans. L'arrivée d'un nouveau chien à la maison nous servira de prétexte pour partager avec vous des capsules qui expliquent comment vivre en relation avec son chien, à la façon Profil Canin. C’est cette philosophie de la relation que vous découvrirez ici. (Découvrez les auteurs. ) N’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires, il nous fait plaisir de vous lire!      

 

Accueillir un chien qui change de foyer est excitant, mais peut aussi devenir stressant. Tous le monde, (humain comme animal) est sensible aux changements d'habitudes. Le pire à craindre dans cette situation, c'est de voir apparaître des troubles de comportement chez son compagnon animal.

Pour rendre facile l’arrivée d’Achille à la maison, nous avons d’abord analysé notre milieu de vie : Notre terrain n’est pas  clôturé, situé près d’une route de campagne, près de la forêt. Nous avons déjà un chien de 17 ans, Vaillance et aussi des chats qui vivent librement. Nous avons nos habitudes bien personnelles: laisser sortir Vaillance seule pour ses besoins, marcher ensemble en forêt sans laisse, sa nourriture est toujours accessible, nous partageons avec elle de la nourriture de table et elle fréquente toute les pièces de la maison à sa guise. Nous avons ensuite utilisée point par point, la définition scientifique du chien (lire le texte précédant):

‘’Mammifère omnivore à tendance carnivore et charognarde, captif de l’humain, sans autonomie et individu grégaire’’. Voici ce qui a guidé notre façon de faire...

 

Mammifère omnivore à tendance carnivore et charognarde :

Vivre des grandes émotions le ventre vide peut contribuer au stress et altère le jugement, des chiens comme celui des humains. Un bon gros repas festif s’impose donc pour Achille avant son arrivée, réconfort et satiété sont les objectifs. Il en va de même pour Vaillance et pour les chats. Le stress et les changements dans les habitudes alimentaires peuvent entrainer des troubles gastriques comme les selles molles ou la diarrhée. Dans ce cas-ci, nous choisissons de préparer un plat simple, viandes, légumes, riz et bouillon mijotés, auxquels nous ajoutons de la citrouille et de l’argile blanche. Prévenant ainsi, par ces deux derniers ingrédients, des désordres gastriques et intestinaux (recette disponible).

Mijoté de porc effiloché et citrouilleMijoté de porc effiloché et citrouilleCe mijoté, mélangé à la nourriture habituelle d’Achille, lui sera servi chaud. Avant de mélanger à sa moulée, je garde une portion pour moi, que je mangerai en même temps que lui. Je pars donc avec les deux portions pour prendre Achille au centre-ville, pendant que Vaillance et les chats dégustent leur part du repas.

Tout le monde doit manger une bonne portion généreuse du repas, sans qu’on ne demander de s’asseoir ou de donner la patte… Le repas doit réconforter, le geste de nourrir doit être exempt de toute attente et de toute pression, c’est la base des besoins physiologiques, la fondation de l’équité dans la relation. Manger avec le chien crée des liens,  nous sommes humains, nous mangeons ensemble pour faire connaissance…

 

Captif de l’humain

La rencontre avec Achille se passe très bien, il mange avec appétit malgré le stress qui se lit dans son langage corporel: oreilles tendues vers l’arrière, yeux exorbités, halètements… Il semble un peu intrigué par mon bol… Après le repas il est plus calme. Le moment de partir venu, je change sa laisse de ville pour une laisse plus longue et je la garde sans tension, il est libre de marcher devant ou derrière moi, dans les circonstances, Je veux m’assurer qu’il vive le moins de restriction possible, il aura bien le temps de s’ajuster plus tard... Je le laisse monter dans l’auto et je lui sers un gros os crus à ronger sur la banquette arrière. Nous prenons la route, lui occupé avec son os, moi rassuré que tout ira bien pour le voyage. 

Sans autonomie

Arrivé à la maison, une question s’impose : on le sort l’auto avec ou sans laisse? En observant comment se comporte Achille, la réponse est assez simple… Il est calme maintenant, le ventre plein, un os lui a permis défouler le trop plein d’émotion, il a voyagé calmement, bref il a su faire confiance, nous devons lui faire confiance en retour, ce sera donc sans laisse. Se sauvera-t-il? Peut-être que oui, mais pour aller où? Et pour faire quoi? Sa référence à nous est-elle si effrayante qu’il doive choisir de fuir en pleine forêt, en hiver? N’avons-nous pas partagé un bon repas ensemble?

Nos peurs sont souvent à l’origine de concepts discutables, avoir peur raisonnablement est valable, et même un gage de sécurité, mais est-ce le cas de toutes nos peurs? Lorsqu’elles peuvent restreindre la qualité de vie d’autrui, nos peurs sont à réévaluer.

Individu grégaire

S’ouvre alors la portière de l’auto, il hésite même à poser une patte en bas… Puis se laisse tenter par l’exploration des lieux, questionnant toujours du regard, s’assurant qu’il n’est pas seul qui sait? Peu de temps après arrive ‘’Madame Vaillance, la Doyenne des lieux du haut de ses seize ans’’. La présentation de deux chiens doit toujours s’effectuer de façon libre, sans restriction physique, sans contrainte dans l’environnement, surtout sans forcer les contacts.

VaillanceVaillance

Les premières interactions entre Vaillance et Achille, sont un peu tendues, c’est normal, il existe entre les deux races des codes de communications différents, comme des dialectes. Leur conformation étant différente, leur langage corporel est différent aussi, ils doivent s’adapter au langage de l’autre (nous y reviendrons dans un autre article).

Un autre facteur contribue fortement à cette petite tension: nous sommes là à les regarder attentivement, nous décidons donc de se retirer un peu… C’est à ce moment que, curieux, un chat se pointe les moustaches, puis un autre et un autre encore, tous curieux de voir ce qui se trame… Vaillance les regarde du coin de l’œil, puis, invitant Achille d'un regard enjoué, s’en suit une course folle! Les chats (déjà habitués de jouer avec Vaillance) courent vers leur refuge suivis par les chiens, qui libèrent ainsi le trop plein d’énergie accumulé par toutes ces émotions… Donc en laissant plus de liberté à tous le monde, Vaillance a trouvé un allié pour la course aux chats, les chats ont trouvés un chien de plus à faire courir! Tout est pour le mieux, il ne reste qu’à entrer manger ensemble pour fêter ça!

 Accueillir un nouvel animal demande  un travail sur soi et beaucoup d'observation. Faire confiance, être attentif aux besoins de l'autre espèce pour faire le pont entre ses besoins et les nôtres. Les solutions magiques n’existent pas, pas plus que les recettes parfaites. Chaque personne interprète à sa manière les bonnes et moins bonnes voies dans toute situation. À chacun sa relation. Un principe doit être considéré tout de même: l’apprentissage aura sur la relation, des résultats beaucoup plus favorables que la pression engendrée par la peur de l'humain. En faisant confiance, on appelle l'autre à nous faire confiance.