Christian Allard et Dominic DionChristian Allard et Dominic DionLa première étape, comprendre

par Dominic Dion et Christian Allard

On en rêve, on l’espère, on le cherche, puis enfin, on le trouve, la date se fixe au calendrier : le nouveau chien arrive bientôt! Dans l’attente de son arrivée, la nature des questions que l’on se pose change… On passe de : ‘’comment allons-nous l’appeler?’’ À: Avons-nous tout prévu? Comment va se dérouler son arrivée?  Que puis-je faire pour que ça se passe bien, pour lui, mais aussi pour nous? Les animaux qui vivent déjà avec nous, vont réagir comment? Bref, plusieurs questions en perspective!

 

Afin de répondre à ses questions, l’humain doit ‘’comprendre’’. Pour comprendre le chien, on doit commencer par questionner sa nature. Selon les scientifiques étudiant la biologie des comportements, le chien familier ou canis familiaris est :

‘’…un mammifère omnivore à tendance carnivore et charognarde, captif de l’humain, dépourvue de toute forme d’autonomie, aussi un animal grégaire, vivant dans une structure sociale organisée.’’ Le portrait scientifique du meilleur ami de l’homme semble sombre de ce point de vue… Mais analysons point par point cette définition:

-Mammifère omnivore à tendance carnivore et charognarde

Selon l’anatomie, on peut analyser les caractéristiques biologiques de toute espèce. Le canidé se nourrit d’abord du lait maternel, puis varie son mode de nourrissage vers les viandes, légumes, fruits, céréales et même des matières en décomposition. Son système digestif lui permettant de retirer de chacune de ces composantes alimentaires, les éléments nutritifs nécessaires à sa santé. Un peu comme l’humain, il doit manger de tout pour combler tous ses besoins, il est simple de bien nourrir son chien.

 

-Captif de l’humain :

Définition de captivité : État d'une personne ou d’animal privé de liberté. Les conditions de garde des chiens familiers de nos jours,  sont similaires à celle des prisonniers : Restriction dans l’environnement, sortie escortées et attaché, activités et repas contrôlés. Plusieurs facteurs culturels sont responsables de cet état de captivité et cela depuis des siècles. Ne soyons pas trop sévère avec nous-même,  il est possible de rendre les conditions de vie plus saines pour les chiens en offrant des guides, un encadrement, plutôt que des restrictions et des obligations.

Tout est dans la manière de faire les choses. En faisant confiance à son chien et en stimulant ses apprentissages, on peut rendre agréable les conditions de garde et par le fait même, les rapports.

 

-Dépourvue de toute forme d’autonomie :

Les modes d’élevage mis en place par l’humain depuis de nombreuses générations, ne permettent plus aux femelles de mener à terme leurs portées et transmettre ainsi aux chiots les outils nécessaires à  leur autonomie. Autrefois les animaux domestiques* pouvaient bénéficier de la compagnie des humains et conserver leur autonomie alimentaire, sexuelle et sociale. Les chiens familiers nord-Américains de nos jours dépendent totalement de l’humain pour s’alimenter, se reproduire, ou pour tout autre rapports sociaux.

*Selon les scientifiques, le chien familier, canis familiaris, a remplacé le chien domestique. Cette espèce étant en quelque sorte disparue. Le chien domestique vivait en relation avec l’humain certes, mais dans un cadre utilitaire et un partage différent de l’environnement, avec une certaine autonomie.

 

-Animal grégaire, vivant dans une structure sociale organisée :

 Souvent comparé au loup, le chien utilise la cohésion sociale. Autrement dit : il a compris les bénéfices qu’apporte le groupe. Que le groupe soit constitué de membres de la même espèce, ou d’une espèce différente, on l’observe avec sa cohabitation millénaire avec l’humain.

 Au plus vite, il faut rayer de son carnet de pensées la légende des rapports dominant/dominé. Ce type de système relationnel ne s’apparente en rien aux structures sociales que l’on observe chez le chien. Source : http://richardbeaudet.net/PDF/interspecies_relationship.pdf

 

Bien comprendre une autre espèce c’est parfois sortir de sa zone de confort, questionner sa propre perception, réévaluer les idées préconçues. Au final, le processus nous permet d’apporter de façon lucide, des réponses aux questions, de découvrir des qualités insoupçonnées aux différentes facettes de la vie partagée avec son chien. Cette définition, avec le recul n’est soudainement pas si sombre… Un de nos professeurs, Michel Chanton, éthologue, disait : ‘’lorsque vous entendez le bruit des sabots, pensez au zèbre’’.